Catégorie : L’environnement

  • Le canal Jean Natte

    Le canal Jean Natte

    Cet article est inspiré du site « Histoire de l’eau à Hyères » voila quelques informations sur ce précieux canal.

    Certains d’entre vous s’étonnent peut être en plein été de voir de l’eau couler régulièrement dans les caniveaux à proximité des résidences situées après la Médiathèque en direction de la voie Olbia.

    Si vous êtes soucieux de l’environnement, ne vous irritez pas à cette vision, il ne s’agit pas d’une eau gaspillée qui s’écoulerait dans le réseau d’assainissement de la ville, mais d’une partie du Béal ou canal Jean Natte qui depuis le 15ème siècle approvisionne la ville de Hyères en eau courante. Si canal ne sert plus les besoins en eau potable des habitants, il sert encore aux riverains qui bordent le canal pour des besoins d’arrosage, à condition bien sur d’adhérer à l’Association Syndicale Libre des Arrosants du Canal Jean Natte (ASILAC).

    Passage du canal dans le réseau des eaux pluviales.

    L’histoire de l’eau à Hyères.

    Jusqu’à la moitié du 15 siècle, les habitants de la ville de Hyères, protégés par les remparts de la ville, consomment l’eau de la nappe phréatique puisée dans les quelques puits artésiens existants, mais aussi l’eau de pluie récupérée et stockée dans des citernes creusées à même la roche.

    La qualité de cette eau, conservée dans des conditions d’hygiène parfois discutables est certainement à l’origine de la propagation de maladies comme la typhoïde, la peste qui faisaient des ravages à une époque ou les bactéries et les bacilles étaient encore inconnues de l’homme.

    Dans la plaine rurale qui s’étend sous la ville, les paysans cultivent essentiellement des légumineuses (fèves, haricots, pois chiches) et des céréales qu’ils arrosent avec l’eau des puits.

    Quelques sources sont connues et quelques cours d’eau ou rus à sec, drainant les eaux de ruissellement, apportent une alimentation en eau irrégulière. Il faut donc se rendre à l’évidence que seul, le fleuve du Gapeau, situé plus au nord, traversant la plaine de La Crau et contournant la ville de Hyères par l’Est pour se jeter dans la rade au niveau des Salins, est la seule alimentation en eau suffisamment abondante pour assurer le fonctionnement des industries artisanales de savonneries, des moulins à grains de l’époque et assurer l’arrosage des jardins.

    Le projet de canal.

    Le projet est né, vers l’an 1455, de la rencontre de Rodulf de LIMANS, citoyen de la ville de Hyères avec Jean NATTE ingénieur civil originaire de la région de Gênes. Si le premier imagine détourner une partie des eaux du Gapeau pour les amener jusqu’à Hyères afin d’alimenter les moulins, le deuxième, Jean NATTE, à l’étude de la configuration du terrain va juger le projet de canal réalisable en captant le Gapeau dans la plaine de La Crau pour ensuite contourner le mont du Fenouillet par l’ouest pour arriver jusqu’à notre ville.

    Le tracé du canal entre le domaine de la Castille à La Crau et Hyères.

    Ce projet, osé techniquement pour l’époque, est jugé impossible à réaliser par le conseil communautaire. Il provoque la raillerie des habitants. Cependant le citoyen Rodulf de LIMANS et l’ingénieur Jean NATTE qui sont persuadés du bien fondé et du réalisme de ce projet vont persister dans leur démarche en s’adressant directement au « Bon » Roi René, duc d’Anjou qui accordera sa confiance en donnant à la ville de Hyères l’ordre de s’exécuter dans ce sens.

    Pour satisfaire la volonté du Roi René, Bernard de ABISSO, viguier (juge) de la cour royale à Hyères réunit un conseil général communautaire extraordinaire. Devant les représentants locaux et une foule venue nombreuse, Rodulf de LIMANS et Jean NATTE vont se montrer persuasifs en formulant les détails de cette entreprise. Ralliant l’assemblée à leur cause, les représentants locaux se soumettent et le viguier décide de conclure une convention en nommant l’ingénieur Jean NATTE comme conducteur de l’eau.

    La convention.

    Suite à ce conseil extraordinaire, une convention destinée à cerner les modalités de construction, de financement et les obligations de chacun est signée le 27 décembre 1458 entre la communauté de Hyères et l’ingénieur Jean NATTE. Celui-ci est désigné comme maître d’œuvre du projet.

    Dans cette convention retenons ce point essentiel :

    « Tant au-dessus qu’au-dessous des moulins, les particuliers possédants bien (ayants droit) acquerront la faculté, l’autorité de se servir et d’utiliser l’eau pour l’arrosage de leur(s) propriété(s) et pour d’autres nécessités, la lessive par exemple. »

    Initialement prévue pour durer 2 ans, l’eau n’arrivera à Hyères après un chantier qui aura duré 20 ans et qui aura nécessité le financement des communes pour un montant de 2000 florins or et une participation humaine sous la forme de levée d’une corvée collective avec une présence de 6 hommes/jour en moyenne.

    Le Canal.

    En 1459, dans un premier temps, l’écluse située à l’origine du canal, est construite en bois sur piétement en pierre. Elle détermine le point de départ du béal.

    Initialement le canal est creusé directement dans la terre comme un “ruisseau” dans les parties en déblais. Son tracé suit donc les courbes de niveau du terrain en faisant les sinuosités correspondantes.

    Le canal a les caractéristiques suivantes :

    • Son origine se situe vers le Domaine de La Castille à l’intersection actuelle des limites des communes de La Crau, La Farlède, Solliès-Ville et Solliès-Pont).
    • Le niveau de départ se situe à la côte 40m. NGF environ (Niveau Général de la France).
    • Une longueur de 9367m ( du barrage jusqu’aux 1er moulin) pour une largeur de 2,00m et 1,20m de hauteur env. (certains tronçons font 2,50m x 1,00m env.)
    • Sa pente n’est que de 2,34m sur l’ensemble de son parcours soit environ 2 mm / 10 mètres.
    • L’arrivée principale, au 1er moulin (Rue de Limans à Hyères) est au niveau 38,00m NGF environ.

    Lorsque l’eau arrive enfin à Hyères vers 1480, Jean NATTE meurt et c’est son fils Pierre qui prend le relais. Il aura donc fallu 20 ans pour que l’eau arrive à Hyères.

    L’usage du canal.

    Le canal est destiné au fonctionnement des 3 moulins dont la construction, décidée dans la convention de 1458, débutera après l’arrivée de l’eau à Hyères. Leur mise en service s’effectuera en 1489 soit 30 ans après le début du canal et tous, propriétaires, artisans, paysans trouvèrent un profit intéressant à ce projet enfin accompli.

    Le moulin ” d’Intré ” (entrée de ville rue de Limans) est abandonné vers 1866, celui ” du Mitan ” (milieu) vers 1878 et celui ” d’En bas ” vers 1880. Les moulins auront fonctionné environ 280 années.

    L’arrosage.

    L’arrosage est la deuxième raison d’être du canal. Au fil des siècles la nécessité d’une réglementation pour l’utilisation de l’eau d’arrosage est devenue indispensable pour répartir uniformément les besoins de chaque utilisateur et limiter les prises illégales pouvant entraîner un débit insuffisant pour le fonctionnement des industries et des moulins.

    Cette réglementation aura pour objet de déterminer qui à droit à l’eau, pour quelle utilisation (taille de la prise d’eau ou « espancier ») et enfin la durée d’utilisation (jour, heure, durée).

    Un espancier pour les besoins en arrosage.

    Cette réglementation évoluera dans le temps avec entre autres la nomination en 1528 d’un « béalier » ayant pour mission de faire respecter les règles d’utilisation sur le parcours du canal et en 1845 la création d’une taxe proportionnelle à la taille des prises d’eau (espancier) permettant à l’eau d’irriguer les propriétés.

    L’évolution du canal.

    Depuis sa création, le canal a subi de nombreux travaux pour améliorer son débit et notamment le remplacement de l’écluse en bois sur le Gapeau à la Castille par un ouvrage maçonné et l’aménagement du lit du canal creusé à même la terre par un radier sur toute sa longueur et l’aménagement en maçonnerie des parois à certains endroits pour améliorer son rendement.

    Remarquons notamment les travaux réalisés dans le quartier des Arquets à l’entrée sud de La Crau ou le canal qui suivait les courbes de niveaux du terrain dans un parcours sinueux a été rendu rectiligne par un radier supporté par des arches à 2 mètres au dessus du niveau du terrain naturel. Cet ouvrage remarquable est devenu un élément décoratif qui embellit aujourd’hui l’entrée de la ville sans perdre son rôle pour le transport de l’eau.

    Le tracé du canal.

    Le tracé du canal qui part de la Castille nous intéresse surtout dans la partie proche de notre quartier du centre ville de Hyères.

    A l’entrée de Hyères, passage du canal sous la rue Eugénie.

    Circulant dans un réseau enterré dés l’entrée dans la ville, le canal après avoir longé la rue de Limans, apparaît brièvement, mis en valeur sous une passerelle de verre, dans la traverse du Béal a l’emplacement du moulin d’Intré aujourd’hui disparu. Ensuite il descend, de nouveau recouvert, le long de l’avenue Gambetta pour bifurquer et longer la rue de Brest. Il distribue l’eau à la fontaine aux animaux en haut de la place Théodore Lefèvre et se dirige à présent vers la médiathèque en empruntant le réseau des eaux pluviales. Au niveau de la médiathèque, il se partage pour rejoindre d’un coté par l’avenue Ambroise Thomas le jardin Olbus Riquier où il alimente les bassins et participe à l’arrosage des espaces plantés et de l’autre coté, il descend par le chemin de la Font de l’Ange pour se jeter en final dans le Roubaud au niveau de l’entrée Ouest du Parc Olbus Riquier.

    Nous sommes donc à proximité de ce canal qui permettait autrefois l’irrigation des campagnes où se trouve une partie de notre quartier Gambetta et qui est encore aujourd’hui utilisé pour l’arrosage des jardins riverains sur son passage.

    Le canal de nos jours.

    Après avoir fait l’objet de plusieurs transactions et transferts de propriété depuis sa création, le canal est devenu le 5 mai 1866, (période de Napoléon 3), la copropriété des communes de La Crau (3/8) et d’Hyères (4/8), qui doivent entretenir et curer le Béal. A ce jour, les frais sont répartis pour l’entretien du canal : au prorata de 2/5 pour la ville de La Crau et 3/5 pour la ville d’Hyères et pour l’entretien du barrage : au prorata de 4/5 pour la ville de La Crau et 1/5 pour la ville d’Hyères,. (information ASILAC Jean Natte).

    Pour faire fonctionner les moulins à l’époque de sa création le canal devait fournir un débit important indiqué dans un rapport de 1843 à 306 litres/secondes. Les améliorations apportées permettent aujourd’hui d’atteindre un débit initial maximum de 1000 litres/secondes soit 8600 m³/jour.

    En continuant d’utiliser le canal, les riverains rendent ainsi hommage à l’initiative de ces deux concitoyens, Rodulf de LIMANS et Jean NATTE qui, en réalisant ce projet, ont servi la ville et des générations de Hyérois.

    Philippe Aubet

    Sources d’informations :

  • Les oiseaux en ville..

    Les oiseaux en ville..

    Liminaire..

    Pour avoir écrit cet article en 2019, je constate que la situation n’a guère évolué pour la préservation des oiseaux en ville et dans nos campagnes. Certes, des produits phytosanitaires tel que le glyphosate sont interdits à la vente depuis 2019 dans notre pays mais toujours disponibles sous le manteau en commande par internet dans d’autres pays de la communauté européenne. D’autre part la Loi du 11 août 2025 destinée à répondre aux demandes des filières agricoles, ouvre la possibilité de ré-autoriser en France un insecticide néonicotinoïde, l’acétamipride. Cette loi a été partiellement censurée par le Conseil constitutionnel mais le Sénateur à l’origine du projet, Laurent Duplomb (LR) a déposé début février 2026 une nouvelle proposition de loi (Duplomb 2) visant à réintroduire deux insecticides de la famille des néonicotinoïdes, interdits en France mais autorisés ailleurs en Europe. Reconnaissons cette distorsion de l’autorisation d’emploi des produits phytosanitaires par les professionnels au sein de la communauté européenne. Il faudra cependant trouver des solutions palliatives à ces produits car cette loi, si elle est votée, mettra « Duplomb dans l’aile » aux chances de survie des oiseaux et ce n’est pas gagné !

    Cet article est donc toujours d’actualité et pour prendre conscience de la fragilité de notre environnement citons la parole de Victor Hugo :

    “C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas.”

    L’article sur la disparition des oiseaux en ville.

    Chaque année nous le constatons un peu plus, la population des oiseaux diminuent dans nos campagnes mais aussi dans les villes et nous conservons dans notre mémoire un passé des années 70, qui n’est pas si éloigné, ou les piaillements bruyants des moineaux dans les platanes pouvaient couvrir les discussions aux terrasses des cafés.

    Cet environnement bucolique est un lointain souvenir. Le déboisement, la propagation des pesticides systémiques, la prédation due à la surpopulation de chats domestiques , les prédateurs oiseaux dit « généralistes » (corbeaux, pies, corneilles, geais) en augmentation de 22 % en 20 ans, les collisions avec des structures humaines, la pollution lumineuse, l’agriculture intensive et le changement climatique sont autant de facteurs qui laissent peu de chance de survie aux oiseaux.

    « Une étude parue dans la revue scientifique Nature en 2013 concluait, que le chat serait responsable de la mort de 1,3 à 4 milliards d’oiseaux chaque année. »

    Plusieurs études tendent à montrer qu’un tiers des oiseaux auraient disparu de nos campagnes, mais pour autant les villes ne sont pas épargnées de ce phénomène. On estime à 75 % environ la diminution de la population des moineaux à Paris et dans les grandes agglomérations en l’espace d’une quinzaine d’années.

    Pourtant ces petits oiseaux particulièrement voraces en insectes, notamment au printemps ou les femelles ont besoin de protéines pour nourrir leurs petits, sont avec les chauves souris des alliés très efficaces dans la lutte contre les moustiques.

    Quels sont les causes de ce déclin et comment préserver et aider ces volatiles à conserver leur place dans notre paysage urbain.

    Ces oiseaux qui disparaissent depuis les années 2000.

    Quelques exemples parmi d’autres de la diminution des oiseaux depuis une quinzaine d’années selon la LPO (Ligue Protectrice des Oiseaux en 2023) (extrait du diaporama de Ça m’intéresse).

    Le moineau domestique – 13% et jusqu’à – 75 % dans les grandes agglomérations : les populations de cet oiseau citadin par excellence déclinent dans toutes les métropoles européennes. En cause : le manque de nourriture (insectes et graines) et la détérioration de leur habitat, mais aussi la pollution atmosphérique et sonore.

    L’hirondelle rustique – 31 %: elle souffre de la diminution du nombre de bâtiments agricoles (granges, étables… ) où elle faisait son nid, mais aussi de la raréfaction des insectes volants.

    Le martin-pêcheur d’Europe – 50 % : l’aménagement des berges l’empêche d’y creuser le terrier où il niche. Il est également confronté à la raréfaction des poissons d’eau douce – l’essentiel de son alimentation.

    L’alouette des champs – 20 %: devenue le symbole de l’agonie des oiseaux des campagnes, elle ne trouve plus de lieu de nidification à cause de l’intensification des pratiques agricoles.

    Le roitelet huppé – 24 % : cet oiseau coiffé d’une huppe jaune doré est l’un des plus petits d’Europe. Son déclin semble être lié à une succession d’hivers rudes.

    La perdrix grise – 24 % : nichant au sol dans les champs et les prairies, elle souffre du fauchage précoce et de la disparition des jachères, mais aussi de l’abus de pesticides, qui entraîne la raréfaction des insectes.

    Le pic-vert – 6% : recherchant des milieux présentant une alternance de zones boisées et de pâturages, il affectionne les vieux arbres riches en insectes. Or zones de bocage et arbres morts sur pied se raréfient.

    Oiseaux des villes : une disparition programmée !

    Les causes du déclin.

    Le constat fait sourire est pourtant il est dramatique : il y a encore quelques années, voyager en voiture se soldait à l’arrivée par un pare brise constellé d’insectes gênant la visibilité. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

    En Allemagne, une étude portant sur 63 réserves naturelles confirme cette chute vertigineuse : en vingt-sept ans, près de 80 % des insectes volants y ont disparu. Ces insectes disparus, qui représentaient la base de l’alimentation de nombreuses espèces d’oiseaux ont entraîné le déclin de ces derniers dans les campagnes. Le facteur majeur permettant d’expliquer une disparition aussi rapide des insectes, avancent les auteurs de cette étude, est l’intensification des pratiques agricoles (recours accru aux pesticides, aux engrais de synthèse, etc.) qui accompagnent par la même le changement des paysage agricoles avec la diminution des prairies permanentes et la régression des zones humides (mares prairies inondables). Situation qui s’aggrave encore avec le changement climatique et l’augmentation du niveau des températures et des périodes de sécheresse.

    Dans nos villes la situation n’est pas meilleure et les oiseaux ont de plus en plus de mal à se nourrir et se loger. Les voitures modernes, dont le nombre de chevaux n’est synonyme que de la puissance du moteur, ne laissent plus derrière eux le crottin de cheval riche en graines et en insectes. La pollution produite par la circulation est aussi une cause d’aggravation de la disparition des oiseaux, à laquelle s’ajoute le stress provoqué par une deuxième pollution, mais sonore cette fois-ci, qui réduit la durée de vie de certaines espèces.

    La pollution de l’air et sonore aggrave la disparition des oiseaux.

    La pression foncière qui est la cause d’un bétonnage à outrance a fait disparaître les friches vertes, les terrains vagues et les campagnes de proximité en réduisant aussi les espaces verts, qui eux même soigneusement entretenus sous forme paysagère, limite un peu plus les possibilités aux oiseaux de nicher. Les constructions neuves en béton lisse et les rénovations de l’habitat ancien ne laissent plus de place aux oiseaux pour nicher dans les interstices des murs ou sous les toitures et même les fils électriques et téléphoniques disparaissent peu à peu, privant de perchoir les hirondelles.

    Autre cause du déclin des oiseaux, les polluants et en particulier les pesticides. Si les objectifs du Grenelle de l’environnement en 2007, sensé réduire de moitié l’utilisation des pesticides d’ici 2018, n’ont pas été atteint dans le premier plan écophyto de 2009, ils ont au moins eu le mérite d’interdire l’utilisation de ces produits dans les espaces verts des agglomérations en janvier 2017 et la vente de ces produits aux particuliers en janvier 2019.

    Le nouveau plan écophyto élaboré en 2015 a revu l’objectif de réduction de ces produits à 2025 mais ce n’est pas gagné et les médias nous font remarquer que la pression des lobbyings, industriels et agriculteurs rendent difficiles la réussite de ces objectifs.

    Le traitement phytosanitaire DDT (Dichlorodiphényltrichloroéthane) qui empoisonnait les oiseaux dans les années 60 est aujourd’hui remplacé par le danger avéré du glyphosate que l’on souhaiterai bannir de notre agriculture, mais déjà une nouvelle alerte est lancé pour demain par un collectif de chercheurs qui dénoncent les effets d’un produit pesticide encore plus dangereux, le SDHI (succinate déshydrogénase inhibiteur) qui visent à bloquer une étape clé de la respiration des champignons tel que le mildiou ou l’oïdium. Or, les cellules de tous les êtres vivants respirent, depuis les micro-organismes, les champignons, les plantes, les insectes, les animaux, jusqu’aux hommes. Tous ces produits influent sur la disparitions des insectes et des oiseaux et à terme notre disparition à nous les êtres humains.

    Polluant et pesticides responsables du déclin des insectes et des oiseaux.

    Enfin, une cause que l’on ne soupçonne pas et qui pourtant contribue à la disparition de l’avifaune de nos agglomérations est l’augmentation du nombre de chats dont la population en France est passée de 8,8 millions en 1998 à plus de 20 millions aujourd’hui. La LPO estime à 75 millions le nombre total d’oiseaux tués par ce félin dans notre pays.

    Le chat grand prédateur d’oiseaux dans nos villes et campagnes.

    Comment aider ces oiseaux à survivre dans nos villes.

    Le gîte..

    Le terme de survie n’est pas usurpé pour ces oiseaux dont les conditions de vie font décliner la population régulièrement au fil des années.

    La pose de nichoirs est conseillée pour tous les oiseaux qui naturellement installent leurs nids dans des cavités naturelles ou artificielles des constructions et qui sont réunis dans la famille des cavernicoles comme les différentes espèces de mésanges, les sittelles, les moineaux, les rouges-queues, les gobemouches. La mésange est sans doute l’oiseau qui possède la plus grande capacité d’adaptation et qui s’approprie assez facilement les nichoirs installés à son intention.

    Les nichoirs commercialisés peuvent être installés dans les jardins, sur les troncs des arbres éloignés d’un vingtaine de mètres les uns des autres et à l’opposé des vents dominants et de la pluie. Il faut les fixer de manière stable, les disposer à trois mètres environ de hauteur et à l’écart des branches permettant l’accès des prédateurs comme les chats, les pies ou les corbeaux. Ces nichoirs qui servent au moment de la reproduction doivent être nettoyés en fin d’été en retirant l’aménagement isolant et douillet de verdure et de fibre, qu’à fait le couple et ou a pu se développer des parasites et des moisissures qui interdiraient une nouvelle utilisation.

    Les autres petits passereaux que nous connaissons dans nos agglomérations comme le rouge-gorge, la fauvette, l’accenteur, le pouillot choisissent des buissons suffisamment denses et feuillus pour construire leur nid à l’abri des regards et des prédateurs.

    Le couvert..

    Il faut préserver dans nos jardins des espaces à leur intention en favorisant, les plantes à abondante fructification qui seront précieuses, telles que les sorbiers des oiseaux bien évidemment mais aussi les superbes amélanchiers (fleurs et couleurs d’automne en prime), les nombreuses aubépines, les troènes, les cotonéasters, les pyracanthas, les houx sans oublier les pommiers d’ornement, qui seront aussi utilisées par les insectes et offriront des baies aux oiseaux à l’automne.

    Il ne faut pas hésiter également à conserver quelques arbres morts au tronc pourrissant qui sont une source de vie ou les champignons, insectes, petits vers se développent représentant une réserve de nourriture pour les oiseaux pendant l’hiver.

    Enfin pendant l’hiver, l’apport de nourriture sous forme de graines et insectes déshydratés associés à des graisses est important pour permettre à ces petits passereaux de passer l’hiver. Sur les balcons d’immeubles il faut privilégier les mangeoires ou les boules suspendues pour dissuader les prédateurs et interdire l’accès des plus gros oiseaux : pigeons et tourterelles.

    Les aider à passer l’hiver.

    Le cas des chauves souris (chiroptères).

    Ne considérons plus la chauve souris ou pipistrelle (micro-chiroptères) commune qui vit dans nos agglomérations avec appréhension et un regard négatif car ce petit mammifère hibernant de quelques grammes, qui n’est pas un oiseau, est un formidable allié dans la lutte contre les moustiques et ce doit être une priorité que de participer à sa sauvegarde. D’autant qu’outre son efficacité dans la lutte contre les moustiques, il n’est pas dérangeant puisqu’il est essentiellement noctambule, on ne le voit pas le jour et la nuit son vol et d’une discrétion absolue.

    Certains spécialistes n’hésitent pas à comparer les chauves souris qui se nourrissent exclusivement d’insectes à de véritables insecticides naturels qui peuvent consommer jusqu’à l’équivalent de leur poids chaque nuit en chassant près de 1000 moustiques par individu.

    Notre plus sur allié dans la chasse aux moustiques.

    Si les attrapes moustiques que l’on voit, installés le long des routes du bord mer et de la presqu’île de Giens, montrent une certaine efficacité, nous voudrions bien pouvoir nous passer des épandages de produit phytosanitaire démoustiquant qui ne sont pas anodin sur notre santé. En préservant les chauves souris, c’est d’abord à nous même que nous rendons service.

    Dans nos villes modernes, l’habitat conventionnel des chauves souris disparaît peu à peu. Les bâtisses offrant des refuges sous les toitures et dans les granges, à l’abri de la lumière diurne, leur permettant de se reposer et de se reproduire, sont aujourd’hui remplacés par des immeubles aux toits en terrasses et il est à présent nécessaire de leur installer des nichoirs pour les conserver.

    Comme pour les oiseaux, des nichoirs sont disponibles dans le commerce pour les chauves-souris. Ils doivent être installés sur le tronc des arbres, coté sud pour profiter d’un maximum de chaleur et protégés des rayons directs du soleil et, d’une même façon que pour les oiseaux, à l’abri des chats prédateurs ce petit mammifère volant.

    Nichoirs pour chauves-souris

    La proximité d’un compost ou un amas de bois mort, de brindilles et feuilles ou se développent les insectes sera un atout supplémentaire à l’arrivée des chauves-souris.

    Les projets d’installation de nichoirs à chauves souris, déjà réalisés par des municipalités comme Carqueiranne, sont actuellement à l’étude par des copropriétés de proximité et pourquoi pas la votre !

    Philippe Aubet

  • Urbanisation ou verdure ?

    Urbanisation ou verdure ?

    Nombreux hyérois se plaignent de la bétonisation de notre environnement. Pour les anciens qui ont connu la ville dans les années 60 et 70, il est vrai qu’elle a changé de physionomie. Nombreuses campagnes qui entouraient nos quartiers où se mêlaient l’horticulture florale de plein air et sous les serres mais aussi la culture des fruits et légumes ont laissé la place à l’urbanisation et aux constructions de tout genre. Cette urbanisation est parfois empreinte d’écologie avec des qualificatifs d’écoquartier ou encore avec des modes de construction se voulant respectueux de l’environnement. Cependant le constat est irréfutable pour notre ville, qui s’étend et dont la population augmente avec toutes les conséquences induites liées à la circulation, au stationnement, à la pollution qu’elle soit sonore, visuelle ou atmosphérique, à la sécurité, la promiscuité, etc..

    Le comité d’intérêt local n’a pas vocation à débattre de la nécessité de construire et étendre l’urbanisation de la ville. Les contraintes liées à l’accroissement de la population, les impératifs fixés par l’État pour la politique de la ville, les schémas de répartition des différentes zones d’activités décidés par la Métropole TPM et enfin le respect de l’environnement, au petit niveau du CIL, la maîtrise de tous ces paramètres dépassent nos possibilités de réflexion d’ensemble pour en débattre efficacement et influer sur les décisions politiques de nos élus.

    Néanmoins le but de notre association, composée d’habitants engagés et bénévoles, est de préserver et d’améliorer notre cadre de vie en recueillant le constat des riverains dans les domaines afférents à la qualité de la vie, l’environnement et la sécurité du quartier pour ensuite en faire état aux services concernés de la mairie tout en proposant des améliorations. Par le biais de la réprésentation des adhérents de l’association, nous pouvons donc faire remonter vers nos élus le ressenti sur ce sujet qui a trait à la qualité de la vie. Le nombre de nos adhérents actuellement de 680 dans notre quartier qui en compte environ 10 000 nous permet d’être écouté et, plus le nombre d’adhérents augmente et plus cette écoute des élus devient attentive.

    Pour revenir au sujet lié à notre cadre de vie, il y a des points de satisfaction qu’il faut souligner dans l’aménagement qui accompagne l’urbanisation de notre ville. C’est le cas en limite de notre CIL, sur le quartier de la gare, avec la requalification qui nous intéresse d’un espace vert longtemps délaissé.

    Pour avoir évoqué précédemment les anciens d’entre nous (dont je fais parti) et les années 60 et 70, les hyèrois de ces générations se rappellent l’époque ou la voie Olbia n’existait pas et que les campagnes et le parc du Petit Séminaire s’étendaient entre la rue Michelet et l’avenue Victoria jusqu’au quartier de la gare. La cession de ce domaine pour la construction de plusieurs programmes immobiliers et le tracé de la voie Olbia ont supprimé cet espace de verdure. Il en restait toutefois une partie sous forme de square, de l’autre coté de la voie Olbia, sommairement aménagé, sans attraction pour les enfants et familles et par conséquent peu fréquenté.

    Sur ces lieux, l’évocation d’un projet de construction de 50 logements sociaux en 2020 avait ému les riverains refusant le sacrifice d’une zone verte en menant une action collective de sensibilisation sur les médias. A cette époque M le Maire s’était positionné en expliquant que de toutes façons les contraintes de construction imposées ne permettaient pas la réalisation de ce projet. Au final, il s’avère aujourd’hui que cet espace vert conservera sa vocation dans le cadre d’un réaménagement prometteur.

    Un projet qui avait fait l’émoi de nombreux riverains.

    Les travaux sont en cours sur les 6000 m² du « Parc du Séminaire ». Ils devraient satisfaire les jeunes de tout âge avec la création de 2 aires de jeux accessibles aussi aux enfants à mobilité réduite. Les adultes ne sont pas oubliés avec l’installation d’agrès sportifs. Ces aménagements seront complétés par un espace polyvalent pour jeux de pétanque, un amphithéatre de plein air avec gradins et l’installation de mobiliers de détente, d’un local associatif, le tout agrémenté d’une mise en lumière nocturne de type guinguette.

    Le projet actuel de préservation de l’espace vert.

    Cette requalification qui nécessite en outre la plantation de 35 arbres et la création de plusieurs massifs et d’une prairie sèche a commencé en juin dernier et devrait prendre fin en décembre.

    Les travaux en cours de réalisation pour une livraison en décembre 2025

    Pour ceux qui ont le souvenir de la stèle supportant la vierge Notre-Dame de « Saint Charles » à l’entrée du domaine du petit séminaire, si cette dernière (la vierge) avait disparu en même temps que la vocation religieuse des lieux pour rejoindre le séminaire de La Castille à La Crau, la stèle quant à elle était demeurée en place. Elle est protégée pendant les travaux par un enroulement de gaine plastique bleu. Cependant est-il nécessaire de conserver cette relique qui n’a plus sa raison d’être sans la présence de la vierge, il serait bon qu’elle soit restaurée et qu’elle retrouve un sens à son existence de stèle.

    La stèle support de Notre-Dame de « Saint Charles »

    CIL Gambetta

    Sources :

    Archives et photo diocésaines ;

    Article Var Matin 2020 ;

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