Beaucoup de monde se pressait, ce samedi 28 mars, à l’intérieur et aux abords de la salle des mariages de l’Hôtel de Ville. Une foule nombreuse venue assister à la retransmission sur écran vidéo, de la réunion d’installation du nouveau conseil municipal.
Beaucoup de monde ce samedi dans la salle des mariages de l’Hôtel de Ville.
Petit retour en arrière
Selon l’adage : Au premier tour « on choisit » et au deuxième « on élimine », après une campagne électorale menée tambour battant par les six équipes en présence, le premier tour du dimanche 15 mars a permis aux électeurs de choisir parmi les prétendants, les 4 listes autorisées à poursuivre au second tour. Ce deuxième vote du dimanche 22 mars, avec un taux de participation de 58.67 % (23.882 votants sur 40.703 inscrits) était quant à lui destiné à éliminer parmi les listes encore en lice, 3 prétendants pour ne conserver qu’une liste lauréate.
Au final, la liste conduite par Véronique BERNARDINI obtient un score de 48.83 % (11.399 voix) soit 34 sièges au conseil municipal. Pour les hyéroises et hyérois, c’est une première d’avoir une femme élue comme premier édile de la ville.
Aujourd’hui
Ce samedi 26 mars, le déroulement très réglementé de cette première séance du conseil municipal a débuté par l’élection du Maire. Madame Véronique BERNARDINI est élue par 34 voix sur 45 (11 votes blancs). C’est un évènement exceptionnel pour notre ville qui voit pour la première fois une femme à la tête de la commune de Hyères. Prenant la parole pour l’occasion, elle rappelle sa ligne de conduite « Proximité et Renouveau pour Hyères » et précise qu’elle souhaite être nommée par l’expression féminisée de « Madame La Maire ».
Passons sur le reste de cette réunion marquée aussi par la prise de parole des conseillers municipaux de l’opposition qui, dans le respect du choix des urnes, ont chacun à leur tour félicité Madame BERNARDINI pour son élection en l’assurant d’une opposition intransigeante mais constructive dans l’intérêt de notre commune et de ses habitants.
En fin de cette réunion, les membres élus du conseil municipal sont allés dans une démarche protocolaire se recueillir au monument aux morts de la place Lefevre, où Madame La Maire a déposé une gerbe de fleur. Courte cérémonie ponctuée en final par une Marseillaise reprise en cœur par l’ensemble des élus.
Courte cérémonie protocolaire au monument aux morts de la ville.
En marge de cette courte cérémonie, Madame La Maire s’est montrée disponible pour échanger quelques mots avec ses concitoyens et recevoir les félicitations de notre CIL Gambetta. Les fonctions précises des élus ne sont pas encore déterminées pour ce qui nous intéresse de la politique de la ville, mais ceci ne devrait pas tarder selon le premier Adjoint, M AUDIBERT.
Madame La Maire souriante pour échanger avec le public.
Profitons de cette fin d’article pour saluer l’équipe municipale précédente de Monsieur GIRAN et son adjoint Monsieur FRATELLA-GUYOL, avec nous étions souvent en relation. Une équipe municipale qui pendant ces 12 dernières années s’est toujours montrée à l’écoute de nos sollicitations et prête à satisfaire, dans la mesure du réalisable, nos demandes et notamment dans le cadre des travaux de requalification des 3 avenues Gambetta, Îles d’Or et Général de Gaulle.
Cet article est inspiré du site « Histoire de l’eau à Hyères » voila quelques informations sur ce précieux canal.
Certains d’entre vous s’étonnent peut être en plein été de voir de l’eau couler régulièrement dans les caniveaux à proximité des résidences situées après la Médiathèque en direction de la voie Olbia.
Si vous êtes soucieux de l’environnement, ne vous irritez pas à cette vision, il ne s’agit pas d’une eau gaspillée qui s’écoulerait dans le réseau d’assainissement de la ville, mais d’une partie du Béal ou canal Jean Natte qui depuis le 15ème siècle approvisionne la ville de Hyères en eau courante. Si canal ne sert plus les besoins en eau potable des habitants, il sert encore aux riverains qui bordent le canal pour des besoins d’arrosage, à condition bien sur d’adhérer à l’Association Syndicale Libre des Arrosants du Canal Jean Natte (ASILAC).
Passage du canal dans le réseau des eaux pluviales.
L’histoire de l’eau à Hyères.
Jusqu’à la moitié du 15 siècle, les habitants de la ville de Hyères, protégés par les remparts de la ville, consomment l’eau de la nappe phréatique puisée dans les quelques puits artésiens existants, mais aussi l’eau de pluie récupérée et stockée dans des citernes creusées à même la roche.
La qualité de cette eau, conservée dans des conditions d’hygiène parfois discutables est certainement à l’origine de la propagation de maladies comme la typhoïde, la peste qui faisaient des ravages à une époque ou les bactéries et les bacilles étaient encore inconnues de l’homme.
Dans la plaine rurale qui s’étend sous la ville, les paysans cultivent essentiellement des légumineuses (fèves, haricots, pois chiches) et des céréales qu’ils arrosent avec l’eau des puits.
Quelques sources sont connues et quelques cours d’eau ou rus à sec, drainant les eaux de ruissellement, apportent une alimentation en eau irrégulière. Il faut donc se rendre à l’évidence que seul, le fleuve du Gapeau, situé plus au nord, traversant la plaine de La Crau et contournant la ville de Hyères par l’Est pour se jeter dans la rade au niveau des Salins, est la seule alimentation en eau suffisamment abondante pour assurer le fonctionnement des industries artisanales de savonneries, des moulins à grains de l’époque et assurer l’arrosage des jardins.
Le projet de canal.
Le projet est né, vers l’an 1455, de la rencontre de Rodulf de LIMANS, citoyen de la ville de Hyères avec Jean NATTE ingénieur civil originaire de la région de Gênes. Si le premier imagine détourner une partie des eaux du Gapeau pour les amener jusqu’à Hyères afin d’alimenter les moulins, le deuxième, Jean NATTE, à l’étude de la configuration du terrain va juger le projet de canal réalisable en captant le Gapeau dans la plaine de La Crau pour ensuite contourner le mont du Fenouillet par l’ouest pour arriver jusqu’à notre ville.
Le tracé du canal entre le domaine de la Castille à La Crau et Hyères.
Ce projet, osé techniquement pour l’époque, est jugé impossible à réaliser par le conseil communautaire. Il provoque la raillerie des habitants. Cependant le citoyen Rodulf de LIMANS et l’ingénieur Jean NATTE qui sont persuadés du bien fondé et du réalisme de ce projet vont persister dans leur démarche en s’adressant directement au « Bon » Roi René, duc d’Anjou qui accordera sa confiance en donnant à la ville de Hyères l’ordre de s’exécuter dans ce sens.
Pour satisfaire la volonté du Roi René, Bernard de ABISSO, viguier (juge) de la cour royale à Hyères réunit un conseil général communautaire extraordinaire. Devant les représentants locaux et une foule venue nombreuse, Rodulf de LIMANS et Jean NATTE vont se montrer persuasifs en formulant les détails de cette entreprise. Ralliant l’assemblée à leur cause, les représentants locaux se soumettent et le viguier décide de conclure une convention en nommant l’ingénieur Jean NATTE comme conducteur de l’eau.
La convention.
Suite à ce conseil extraordinaire, une convention destinée à cerner les modalités de construction, de financement et les obligations de chacun est signée le 27 décembre 1458 entre la communauté de Hyères et l’ingénieur Jean NATTE. Celui-ci est désigné comme maître d’œuvre du projet.
Dans cette convention retenons ce point essentiel :
« Tant au-dessus qu’au-dessous des moulins, les particuliers possédants bien (ayants droit) acquerront la faculté, l’autorité de se servir et d’utiliser l’eau pour l’arrosage de leur(s) propriété(s) et pour d’autres nécessités, la lessive par exemple. »
Initialement prévue pour durer 2 ans, l’eau n’arrivera à Hyères après un chantier qui aura duré 20 ans et qui aura nécessité le financement des communes pour un montant de 2000 florins or et une participation humaine sous la forme de levée d’une corvée collective avec une présence de 6 hommes/jour en moyenne.
Le Canal.
En 1459, dans un premier temps, l’écluse située à l’origine du canal, est construite en bois sur piétement en pierre. Elle détermine le point de départ du béal.
Passage en sous-terrain
L’écluse sur le Gapeau
Naissance du Canal au domaine de La Castille
Initialement le canal est creusé directement dans la terre comme un “ruisseau” dans les parties en déblais. Son tracé suit donc les courbes de niveau du terrain en faisant les sinuosités correspondantes.
Le canal a les caractéristiques suivantes :
Son origine se situe vers le Domaine de La Castille à l’intersection actuelle des limites des communes de La Crau, La Farlède, Solliès-Ville et Solliès-Pont).
Le niveau de départ se situe à la côte 40m. NGF environ (Niveau Général de la France).
Une longueur de 9367m ( du barrage jusqu’aux 1er moulin) pour une largeur de 2,00m et 1,20m de hauteur env. (certains tronçons font 2,50m x 1,00m env.)
Sa pente n’est que de 2,34m sur l’ensemble de son parcours soit environ 2 mm / 10 mètres.
L’arrivée principale, au 1er moulin (Rue de Limans à Hyères) est au niveau 38,00m NGF environ.
Lorsque l’eau arrive enfin à Hyères vers 1480, Jean NATTE meurt et c’est son fils Pierre qui prend le relais. Il aura donc fallu 20 ans pour que l’eau arrive à Hyères.
L’usage du canal.
Le canal est destiné au fonctionnement des 3 moulins dont la construction, décidée dans la convention de 1458, débutera après l’arrivée de l’eau à Hyères. Leur mise en service s’effectuera en 1489 soit 30 ans après le début du canal et tous, propriétaires, artisans, paysans trouvèrent un profit intéressant à ce projet enfin accompli.
Le moulin ” d’Intré ” (entrée de ville rue de Limans) est abandonné vers 1866, celui ” du Mitan ” (milieu) vers 1878 et celui ” d’En bas ” vers 1880. Les moulins auront fonctionné environ 280 années.
L’arrosage.
L’arrosage est la deuxième raison d’être du canal. Au fil des siècles la nécessité d’une réglementation pour l’utilisation de l’eau d’arrosage est devenue indispensable pour répartir uniformément les besoins de chaque utilisateur et limiter les prises illégales pouvant entraîner un débit insuffisant pour le fonctionnement des industries et des moulins.
Cette réglementation aura pour objet de déterminer qui à droit à l’eau, pour quelle utilisation (taille de la prise d’eau ou « espancier ») et enfin la durée d’utilisation (jour, heure, durée).
Un espancier pour les besoins en arrosage.
Cette réglementation évoluera dans le temps avec entre autres la nomination en 1528 d’un « béalier » ayant pour mission de faire respecter les règles d’utilisation sur le parcours du canal et en 1845 la création d’une taxe proportionnelle à la taille des prises d’eau (espancier) permettant à l’eau d’irriguer les propriétés.
L’évolution du canal.
Depuis sa création, le canal a subi de nombreux travaux pour améliorer son débit et notamment le remplacement de l’écluse en bois sur le Gapeau à la Castille par un ouvrage maçonné et l’aménagement du lit du canal creusé à même la terre par un radier sur toute sa longueur et l’aménagement en maçonnerie des parois à certains endroits pour améliorer son rendement.
Remarquons notamment les travaux réalisés dans le quartier des Arquets à l’entrée sud de La Crau ou le canal qui suivait les courbes de niveaux du terrain dans un parcours sinueux a été rendu rectiligne par un radier supporté par des arches à 2 mètres au dessus du niveau du terrain naturel. Cet ouvrage remarquable est devenu un élément décoratif qui embellit aujourd’hui l’entrée de la ville sans perdre son rôle pour le transport de l’eau.
Le canal surélevé dans La Crau
Un ouvrage d’art du plus bel effet
Le tracé du canal.
Le tracé du canal qui part de la Castille nous intéresse surtout dans la partie proche de notre quartier du centre ville de Hyères.
A l’entrée de Hyères, passage du canal sous la rue Eugénie.
Circulant dans un réseau enterré dés l’entrée dans la ville, le canal après avoir longé la rue de Limans, apparaît brièvement, mis en valeur sous une passerelle de verre, dans la traverse du Béal a l’emplacement du moulin d’Intré aujourd’hui disparu. Ensuite il descend, de nouveau recouvert, le long de l’avenue Gambetta pour bifurquer et longer la rue de Brest. Il distribue l’eau à la fontaine aux animaux en haut de la place Théodore Lefèvre et se dirige à présent vers la médiathèque en empruntant le réseau des eaux pluviales. Au niveau de la médiathèque, il se partage pour rejoindre d’un coté par l’avenue Ambroise Thomas le jardin Olbus Riquier où il alimente les bassins et participe à l’arrosage des espaces plantés et de l’autre coté, il descend par le chemin de la Font de l’Ange pour se jeter en final dans le Roubaud au niveau de l’entrée Ouest du Parc Olbus Riquier.
Le canal visible dans la rue de Liman
La Fontaine aux animaux
le canal rejoint le Roubeau
Nous sommes donc à proximité de ce canal qui permettait autrefois l’irrigation des campagnes où se trouve une partie de notre quartier Gambetta et qui est encore aujourd’hui utilisé pour l’arrosage des jardins riverains sur son passage.
Le canal de nos jours.
Après avoir fait l’objet de plusieurs transactions et transferts de propriété depuis sa création, le canal est devenu le 5 mai 1866, (période de Napoléon 3), la copropriété des communes de La Crau (3/8) et d’Hyères (4/8), qui doivent entretenir et curer le Béal. A ce jour, les frais sont répartis pour l’entretien du canal : au prorata de 2/5 pour la ville de La Crau et 3/5 pour la ville d’Hyères et pour l’entretien du barrage : au prorata de 4/5 pour la ville de La Crau et 1/5 pour la ville d’Hyères,. (information ASILAC Jean Natte).
Pour faire fonctionner les moulins à l’époque de sa création le canal devait fournir un débit important indiqué dans un rapport de 1843 à 306 litres/secondes. Les améliorations apportées permettent aujourd’hui d’atteindre un débit initial maximum de 1000 litres/secondes soit 8600 m³/jour.
En continuant d’utiliser le canal, les riverains rendent ainsi hommage à l’initiative de ces deux concitoyens, Rodulf de LIMANS et Jean NATTE qui, en réalisant ce projet, ont servi la ville et des générations de Hyérois.
La nouvelle gazette numéro 29 est en cours d’impression et sera bientôt disponible chez de nombreux commerçants de l’avenue Gambetta. En avant première, vous pouvez la feuilleter sur votre téléphone ou votre PC.
Au sommaire de cette gazette :
L’urbanisme de notre quartier ;
Brev’Hyères ;
Le regard de Louis ;
L’Assemblée Générale
La page d’histoire ;
etc..
Pour ouvrir la gazette il suffit de cliquer sur la vignette du document ci dessus.
Une fois ouverte, le menu sous le Flip book permet plusieurs possibilités de lecture déroulante de la gazette et dans l’ordre :